"Pour une politique raisonnable en matière de chanvre pour protéger efficacement la jeunesse"
Berne - Tel est le nom officiel de la nouvelle initiative populaire qui va être lancée sous la responsabilité du comité "Protéger la jeunesse - contre la narco-criminalité". Le texte définitif de l’initiative a été déposé hier, mercredi, auprès du service linguistique de la Chancellerie fédérale pour contrôle, afin d’être traduit dans les langues nationales. Le texte actuel est politiquement soutenu de manière très large. Ces derniers jours, non seulement des députés fédéraux radicaux, socialistes et verts, mais aussi les présidents du jeune PDC ont confirmé par écrit leur affiliation au comité fondateur. De plus, des représentants de la police et de la justice, des représentants d’organisations parentales, des représentants du chanvre, des médecins et des experts de la prévention font partie de ce comité de fondateurs. Il y a encore des discussions avec différents politiciens du PDC, qui ne se sont toujours pas décidés.
L’initiative populaire "Pour une politique raisonnée en matière de chanvre pour protéger efficacement la jeunesse" a, selon le comité "Protéger la jeunesse - contre la narco-criminalité", été préparée pendant les semaines précédent le 14 juin, quand il est devenu clair que le Conseil national se prononcerait en majorité contre une révision de la LStup. Le texte initial avait déjà été pré-examiné par la Chancellerie fédérale quand le comité a été contacté par différents députés prêts à s’engager. Ils ont proposé de rédiger différents paragraphes. Ce travail de rédaction a pris dix jours et s’est terminé hier, mercredi ; le texte est maintenant soutenu par un grand nombre de politiciens. Nous avons tenu compte des conventions internationales signées par la Suisse, et nous avons trouvé une solution qui ne les contredit pas.
Dépénalisation de la consommation de chanvre
L’initiative exige concrètement : "Consommer les substances psychoactives du chanvre, en posséder ou en acquérir pour son propre usage n’est pas punissable" et "cultiver du chanvre psychoactif pour son propre usage n’est pas punissable". De plus, la confédération doit édicter "des réglementations concernant la culture, la production, l’importation et l’exportation, de même que le commerce des substances psychoactives du chanvre" et "assurer, avec les mesures nécessaires, que la protection de la jeunesse soit prise en compte. La publicité pour les substances psychoactives et la publicité pour l’emploi de telles substances est interdite". Dès que le service linguistique de la Chancellerie fédérale aura terminé la comparaison des versions dans les trois langues officielles, les formulaires de signatures pourront être distribués.
La collecte des signatures devrait battre un record - soutien spontané extraordinaire
Le comité "Protéger la jeunesse - contre la narco-criminalité" s’est donné pour but de réaliser un nouveau record de collecte de signatures. Dès que l’initiative sera publiée, la collecte de signatures commencera de manière ciblée dès le 20 juillet 2004, entre autres lors des festivals en plein air. Avec le site Internet www.projugendschutz.ch et par des contacts existants, plus de 200 partisans seraient déjà disponibles, et chaque jour il y en a de plus en plus. Ils n’attendent que le début de la collecte. Selon le comité, c’est une des raisons pour lesquelles il n’était plus possible d’attendre. Beaucoup de nos partisans n’ont pas compris pourquoi il y avait de nouvelles discussions et pas d’action. C’est surtout chez les jeunes que l’on peut sentir une formidable motivation de réaliser cette initiative de manière rapide. Dans les prochains jours, le comité démarrera une tournée de promotion qui agrandira massivement le nombre de partisans.
Ni exaltation, ni diabolisation du chanvre - il existe une méthode raisonnée
En se basant sur les informations connues sur la consommation de chanvre en Suisse, ainsi que sur les connaissances scientifiques sur les effets secondaires, le comité "Protéger la jeunesse - contre la narco-criminalité" pense que la situation actuelle de la politique des drogues, avec la criminalisation insensée d’au moins un demi-million de consommateurs de chanvre paisibles, est intolérable. Une libéralisation de la consommation du chanvre amènerait, en relation avec la situation actuelle, à une protection de la jeunesse et à une prévention nettement plus efficaces : l’hypocrisie de l’interdiction serait supprimée, par conséquent une communication raisonnée avec les jeunes deviendrait possible. Aussi longtemps que des drogues comme l’alcool seront légales, il sera impossible d’expliquer l’interdiction du chanvre. On pourrait, par exemple, ajouter l’identification claire du produit, qui définirait également la teneur en substances psychoactives.
Une abolition de l’interdiction absolue de la consommation de chanvre et une réglementation, ainsi qu’un contrôle strict du commerce et de la production sont les bases absolument nécessaires pour une protection de la jeunesse et une prévention efficaces. L’affaiblissement clair du marché noir en sera la conséquence logique. De plus, cela mettra fin à la criminalisation absurde de beaucoup de patients, qui ont besoin du chanvre en tant que médecine.











