Alcool, tabac et cannabis
Trois éducateurs de l’Ouest lausannois livrent le bilan d’une semaine de travail sur les substances nocives auprès des jeunes.
"Il est difficile pour les jeunes de se rendre compte de leur propre consommation en matière d’alcool, de tabac et de cannabis et de la situer sur une échelle des risques", explique Vincent Léchaire, éducateur de proximité d’Ecublens.
Le groupe des travailleurs sociaux de l’Ouest lausannois, composé de Natasha Ocampo (Bussigny, Villars-Sainte-Croix, Chavannes et Saint-Sulpice), Vincent Léchaire et de Jean-François Schlaeppi (Prilly) a donc organisé, en juillet 2004, une semaine de prévention autour de ces trois substances, dans les six communes correspondant à sa sphère d’activité.
Trop d’alcool fort
Après avoir analysé les cinquante questionnaires remplis dans ce contexte par les jeunes de la région, les éducateurs dressent aujourd’hui un bilan qui fait apparaître que s’il n’y a pas lieu de dramatiser la situation, il faut "rester très attentif, continuer les mesures de prévention et prendre les décisions qui s’imposent au niveau politique". Concrètement, les conclusions des trois éducateurs proposent quelques pistes. Il apparaît notamment que l’alcool fort est beaucoup consommé par les jeunes.
"Sous la pointe de l’iceberg"
"Il est donc important de consolider les contrôles", indiquent-ils, notamment dans les restaurants et les magasins. La majorité des jeunes, surtout les filles, fument des cigarettes light - constatation qui demande davantage d’information sur la dangerosité de ces cigarettes - et les indications des fumeurs de cannabis démontrent l’importance de ne pas banaliser ce type de consommation.
Pour les trois éducateurs, il est important que l’Etat légifère sur les trois produits et non sur un seul, afin de poser des règles claires. Avec l’intention de voir "ce qui se cache sous la pointe de l’iceberg", les éducateurs ont également axé le questionnaire sur les relations sociales des jeunes. "En général, une consommation abusive est un symptôme", rappelle Jean-François Schlaeppi. Chaque questionnaire a donc été analysé point par point avec chacun des jeunes ayant participé au test. Si la démarche a été bien accueillie par les jeunes, elle se heurte cependant à des limites. "Nous sommes engagés pour faire de la prévention, mais on constate que ce n’est pas le souci global de la société", affirme Vincent Léchaire, faisant allusion notamment à la publicité et aux pratiques des adultes, souvent pris en exemple par les adolescents.









