Décriminaliser la consommation et 4 plantes par adultes
Dans un dossier regroupant les connaissances scientifiques et sociologiques sur la consommation du cannabis aux USA, Mitch Earlywine, Psychologue clinicien (Department of Psychology University of Southern California), plaide pour la décrimalisation de la consommation de cannabis et la tolérance de quatre plantes par adulte. La consommation publique, la production et la vente resteraient interdites, le temps d’évaluer l’impact de ces mesures sur la consommation et la société. Quelques extraits importants de sa démonstration pour donner envie de se plonger dans l’intégrale.
Les recherches menées auprès d’étudiants universitaires révèlent que le cannabis n’a pas d’effet négatif sur leurs résultats scolaires. En fait, on a relevé des notes plus élevées chez les utilisateurs que chez les non utilisateurs. Sur un échantillon de 8’000 jeunes adultes occupant des emplois variés, on a constaté que les grands consommateurs touchaient de meilleurs salaires.
Plus du tiers des utilisateurs de drogues dures faisant partie de certains échantillons avaient consommé d’autres drogues illicites avant d’essayer le cannabis.
Les consommateurs de cannabis, même ceux qui en fumaient deux fois par jour depuis deux ans ou plus, n’ont présenté aucune transformation observable dans leur structure cérébrale. Les anomalies subtiles des fonctions cérébrales ne se sont pas traduites par une diminution de l’aptitude à accomplir les tâches importantes de la vie quotidienne.
Les recherches sur de tout jeunes enfants ayant été exposés in utero à la marijuana ont montré peu d’effets ou des effets très peu importants.
Sur plus de 42’000 personnes, 6% des répondants qui avaient fumé du cannabis au cours de l’année écoulée répondaient aux critères diagnostiques de la dépendance. 85% des répondants qui avaient fumé du cannabis au cours de l’année précédant l’enquête n’ont rapporté aucun de ces problèmes. 15% en ont signalé au moins un ; 8% au moins deux ; 4% ont fait état d’au moins trois conséquences négatives qu’ils attribuaient au cannabis. Cependant, leurs problèmes ne sont pas comparables à ceux qui sont associés à l’usage de la cocaïne, de l’héroïne, de l’alcool ou de la nicotine.
Le cannabis semble entraîner moins d’effets néfastes sur la santé que des substances telles que l’alcool, la caféine ou le tabac et il est responsable de la mort de beaucoup moins de personnes.
La plupart des non utilisateurs disent ne pas consommer de cannabis pour des raisons personnelles et non par crainte d’être arrêtés. Peu de consommateurs indiquent qu’ils modifieraient leur niveau de consommation si le cannabis était légalisé. Sur un échantillon de 1 400 adultes, 80 % des répondants ont déclaré qu’ils n’essayeraient pas le cannabis advenant sa légalisation.
La plupart des adolescents américains trouvent même qu’il est plus difficile d’acheter de la bière que du cannabis, ce qui permet de penser qu’un marché légal réglementé puisse présenter des avantages par rapport au marché clandestin.
Dans le cadre d’enquêtes récentes, seulement 11 % des jeunes Néerlandais interrogés ont indiqué avoir fait usage de cannabis au cours du mois précédent, comparativement à 18 % des répondants américains du même groupe d’âge.
Les fournisseurs de cannabis des Pays-Bas sont sensiblement moins portés à fournir des drogues dures à leurs clients que les revendeurs des États-Unis.
Les taux de consommation d’héroïne et de cocaïne sont plus faibles aux Pays-Bas que dans des pays qui imposent des sanctions rigoureuses pour les infractions liées au cannabis. Le nombre d’usagers d’héroïne par 100 000 habitants est nettement plus élevé aux États-Unis (308) qu’aux Pays-Bas (160).
Le gouvernement des États-Unis dépense annuellement 15,7 milliards pour la lutte contre la drogue ; les gouvernements des États et les administrations locales consacrent environ 16 milliards par année à l’application des lois sur les drogues, soit 32 milliards annuel. En 1996, environ 43% du 1,5 million d’arrestations (642 000) pour des infractions en matière de drogues concernaient le cannabis.
Les données disponibles indiquent que la décriminalisation s’est traduite par une diminution des coûts d’application de la loi ; la Californie aurait économisé environ 1 milliard de dollars sur une période de cinq ans, selon les estimations réalisées. Comme il a été mentionné plus haut, aucune hausse vertigineuse des taux de consommation n’a été observée dans les États américains qui ont décriminalisé le cannabis par rapport à ceux qui imposent toujours des sanctions pénales.
Un marché légal pourrait facilement se transformer en un marché hyper commercialisé, un marché susceptible de créer de nouveaux consommateurs de cannabis. Les lois qui réglementeraient la commercialisation du cannabis disparaîtraient sans doute au fil des ans, comme on l’a observé, depuis les années 1930, dans le cas de l’alcool.
La décriminalisation de la possession de cannabis entraînerait des économies sans générer une augmentation notable de la consommation. Cependant, cette approche présente l’inconvénient de ne rien prévoir pour réduire l’ampleur du marché clandestin, où circulent des drogues dures. En permettant à chaque adulte de cultiver quatre plants pour sa consommation personnelle, on pourrait dissocier le marché du cannabis de celui des drogues dures et ainsi faire en sorte que les usagers ne soient plus obligés de s’approvisionner auprès de trafiquants qui pourraient leur proposer d’autres drogues potentiellement très dommageables. Cette mesure pourrait se révéler tout particulièrement bénéfique pour les personnes consommant du cannabis pour des raisons médicales.









