ESSOR ET DÉCLIN DE LA CULTURE DU CHANVRE EN ANJOU (XVIIIE-DÉBUT DU XXE SIÈCLE)
Le chanvre au XVIIIe siècle : une culture des vallées
L’Anjou est fréquemment cité parmi les principales provinces productrices de chanvre au XVIIIe siècle. Cette culture n’occupe pourtant qu’une superficie limitée, elle s’apparente au jardinage et reste généralement cantonnée sur de petites parcelles à proximité des maisons. Le chanvre ne prend vraiment de l’importance que sur les meilleures terres de l’Anjou, celles des vallées. La vallée de l’Authion, à l’est des Ponts-de-Cé (comté de Beaufort), se démarque nettement ; viennent ensuite les vallées de la Sarthe, du Loir, et la vallée de la Loire près d’Angers1. Plus loin vers l’ouest, dans la région de Chalonnes, le chanvre laisse place au lin. Pourquoi cette concentration dans les vallées ? Les rendements sont excellents, grâce à l’épaisseur de la couche de terre végétale et aux fumiers d’un bétail nombreux, nourri sur les vastes prairies naturelles. Ces rendements permettent de rentabiliser le travail important nécessité par cette culture. De plus, le voisinage des cours d’eau facilite grandement le rouissage2 et permet le transport de la production à moindre coût. Cependant, même dans le comté de Beaufort, le chanvre occupe une place secondaire dans l’assolement : 5 à 10 % des terres labourables à Saint-Mathurin à la fin de l’Ancien Régime, d’après des actes notariés, et entre 10 et 15 % dans la vallée de l’Authion, d’après des statistiques de la période 1795-1797. L’assolement dominant est blé/fèves. Une exception : la Daguenière où le chanvre occupe 44 % des terres labourables3.











