La frégate prête à flotter
La délicate opération d’étanchéité de l’"Hermione" vient de s’achever. Le point sur les prochaines étapes.
www.sudouest.fr 31.03.2011 Par agnès lanoëlle
N’en déplaise à une poignée de sceptiques qui se demandent encore si l’« Hermione » flottera ou pas, l’étanchéité du navire est terminée. La semaine dernière, les deux charpentiers du chantier Bernard (Saint-Vaast-La Hougue) ont donné leur dernier coup de maillet. Les deux calfateurs viennent de passer un an et vingt-deux jours sur la coque de l’« Hermione » à reproduire exactement les gestes effectués déjà par les ouvriers de la marine du XVIIIe siècle.
Un fer et un maillet, tels sont les deux seuls outils nécessaires pour étanchéifier la coque d’un navire en bois.
L’opération, minutieuse et physique, consiste à combler le vide entre chaque pièce de bordée par des cordons de chanvre, mélangé à du goudron. Trois siècles plus tard, la technique utilise les mêmes matériaux et les mêmes gestes. Tout le savoir-faire repose sur le bon dosage du matériau et une bonne oreille. Au total, les deux charpentiers auront posé 12 kilomètres de joints, soit 255 kilos de chanvre. Mais si la phase de calfatage s’est achevée la semaine dernière, il reste maintenant aux deux charpentiers à mastiquer. Soit encore deux bons mois de boulot.
Et après ?
Présente depuis le début de la reconstruction de la frégate, à savoir treize ans, l’entreprise Ancelin réalise actuellement les deux bouteilles (comprendre toilettes) sur le pont de batterie. À défaut de passer les eaux usées par-dessus bord comme à l’époque, les architectes du projet ont dû adapter le navire aux nouvelles normes et aux besoins du XXIe siècle. Les deux cabinets de toilettes comprendront ainsi une douche chacune, voire un lave-mains pour l’une. Le luxe !
Assuré par le chantier naval des Minimes, l’aménagement intérieur, à savoir les cabines des officiers, se poursuit sur le faux-pont. Si les forgerons ont plus ou moins déserté leur atelier, ne revenant désormais qu’à l’occasion selon la demande des autres corps de métier, le chantier devrait retrouver toute son effervescence d’ici quelques semaines.
Courant avril, un sculpteur dont le nom n’est pas encore connu viendra réaliser la figure de proue : un lion « échevelé et ailé » de 3 mètres de haut. Très attendus, les gréeurs suédois (qui ont remporté le marché) devraient s’installer courant mai pour assembler le gréement, soit 25 kilomètres de cordages en chanvre. Un nouveau chapiteau sera spécialement monté pour eux.
Un travail de longue haleine puisque les gréeurs devraient rester sur place jusqu’à la fin du chantier et le début des essais en mer, programmés en 2014. Le mois de juin sera également marqué par le retour des voiliers, lesquels devraient réaliser la voile du grand hunier (soit 390 mètres carrés) et la voile du perroquet de Fougue (soit 190 mètres carrés).











