Le chanvre, nouvelle star écolo
En Allemagne ou en Champagne, dans le Midi ou en Afrique, partout les initiatives se multiplient pour développer sa culture.
Mais si, le chanvre a de l’avenir. Cette plante textile, largement utilisée jusqu’au XVIIIe siècle avant d’être détrônée par le coton et les fibres synthétiques, fait son grand retour. En Allemagne ou en Champagne, dans le Midi ou en Afrique, partout les initiatives se multiplient pour développer sa culture. L’écologie et le développement durable sont passés par là : leurs adeptes privilégient désormais cette plante, respectueuse de l’environnement et dont les débouchés sont multiples (isolation, construction, automobile...) plutôt que le coton dont la culture très polluante met en péril la fertilité des sols et l’équilibre des écosystèmes. "La culture du chanvre biologique n’utilise pas de pesticides et d’engrais chimiques et respecte l’environnement", explique-t-on chez Chanvre info, une association suisse qui promeut la culture du chanvre. Pour toutes ces raisons, le chanvre, qu’il ne faut pas confondre avec son double stupéfiant, devrait avoir une place de choix dans les pays en développement. En Afrique du Sud, il est question de l’implanter d’ici dix ans sur 20’000 hectares de terre, dans 5 régions différentes. Le chanvre est désormais paré de toutes les qualités : de la fabrication du tissu et du papier, aux produits médicinaux et cosmétiques, en passant par les denrées alimentaires où l’huile de chanvre, on prête plus de 50 000 usages à la nouvelle star du textile.
Le regain d’intérêt pour cette plante robuste qui pousse vite, sans beaucoup d’eau, conduit les producteurs, sensibles aux arguments du développement durable, à passer de la culture anecdotique à la mise en place de filières industrielles structurées. En France, grâce à Jean-Pierre Le Charlés et à son épouse, le village de Noyal-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine) est devenu depuis six ans un rendez-vous européen du chanvre. "Aux XVIe et XVIIe siècles, la toile de chanvre de Noyal était réputée. C’est d’ailleurs ce qui nous a poussés à créer cet événement autour de l’histoire du chanvre d’hier et de son commerce aujourd’hui". A Lyon, depuis avril 2001, la maison du chanvre propose à une clientèle toujours plus nombreuse toute la palette des produits alimentaires à base de chanvre : farine, huile, graines, infusions, pâtes, muesli, chocolat. Le responsable, Franck Machy, reconnaît que son chiffre d’affaires ne connaît pas la crise. "Nous avons 30 références alimentaires certifiées AB (agriculture biologique)". Pharmacie, agroalimentaire, industrie textile, automobile, les débouchés sont aussi de plus en plus variés. Comme dans la construction : le chanvre est utilisé comme isolant en dallages, en briques. Sa légèreté permet de remplacer l’armature béton par le bois.
Gérard Mougin produit depuis 2001 des granulés en matières plastiques composés de 30 à 60% de chanvre en partenariat avec deux coopératives agricoles de l’Aube. "Nous les utilisons dans le packaging, le bâtiment, en particulier dans la fabrication des profilés, fenêtres et plinthes et dans l’automobile avec de très bons résultats. C’est un produit recyclable et très résistant". On n’a donc pas fini d’entendre parler du chanvre, qui allie propriétés écologiques et débouchés économiques.










