Le fournisseur en "beuh" du Caf’Art retourne en prison
Un Africain de 39 ans, grand pourvoyeur de la scène bulloise, a été condamné à 16 mois de prison avec sursis. Il n’en est pas moins retourné illico en cellule, pour faciliter son expulsion.
Vendredi, le Tribunal de la Gruyère jugeait Carlos* un Africain de 39 ans, se présentant comme Libérien, accusé d’avoir trafiqué entre trois et onze kilos d’herbe et quelques boulettes de cocaïne dans le "triangle d’or bullois" entre Caf’Art et XIII-Cantons. Estimant le cas grave, les juges ont condamné l’accusé à seize mois de prison, assortis du plus long sursis possible, soit cinq ans. En détention préventive, l’homme n’a pas retrouvé sa liberté pour autant : le président Louis Sansonnens l’a fait réembastiller illico pour permettre d’assurer l’exécution de l’expulsion de dix ans décidée par le tribunal dans la foulée.
la pointe de l’iceberg
Dès son arrivée à Bulle, en juin 2003, le requérant s’est mis à approvisionner la jeunesse locale en petites herbes qui font rire.
A combien son petit commerce s’est-il monté ? Mystère. Les aveux de Carlos - qu’il a mis quatre mois à passer - font état d’un total de 3 kilos de drogue achetée. Ce n’est probablement que la pointe de l’iceberg : un jeune Bullois l’a accusé de lui avoir fourni 9 kilos de marijuana, pour 45 000 fr. Carlos nie, et devant le tribunal, le mineur semblait très étonné de ses propres déclarations. "J’ai dit ça ? Je ne me souviens pas" a-t-il inlassablement répété aux juges.
"just a gigolo"
De son côté, Carlos a donné des explications variables sur les revenus qui lui ont permis d’envoyer 6 000 fr. au Sénégal. Cela allait des économies réalisées sur son pécule de requérant à une exploitation artisanale de ses charmes, qu’il a plutôt robustes : il se faisait, dit-il payer 150 francs par des dames dont il "trouvait l’adresse dans les journaux". Une version afro du standard "Just a gigolo" qui a laissé perplexes les deux dames siégeant dans la Cour.
Plus concrètement le tribunal a estimé que le trafic de Carlos lui a procuré un bénéfice supérieur aux 10 000 fr. permettant de parler d’un cas grave. Suivant les réquisitions du substitut du procureur Raphaël Bourquin, il a prononcé une peine de seize mois de prison, tout en concédant le sursis à l’avocat de la défense, Carl-Alex Ridoré.










