Lutte contre les stupéfiants : Le Royaume prône le soutien international
De par sa situation géographique, le Maroc doit déployer de grands efforts pour éviter de devenir l’entonnoir des mafias internationales en quête de la moindre brèche pour s’installer dans un pays, notamment en ce qui concerne le trafic des stupéfiants.
L’ONUDC s’engage à accompagner la stratégie nationale
La lutte contre ce fléau n’est pas une tâche aisée. Le Maroc compte sur le soutien international pour éradiquer le problème. " Certes le Maroc fait des efforts pour lutter contre la culture du cannabis dans différentes régions. Mais, il est devenu également victime de l’héroïne et de la cocaïne provenant des pays européens. Donc, on a besoin d’un appui international ", explique Abdelaziz Agoumi, représentant du ministère de la Santé, lors d’une rencontre organisée par la commission nationale des stupéfiants pour présenter le bilan de la visite de la délégation de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Une visite qui s’inscrit dans le cadre de l’adhésion au principe de renforcement de la coopération et coïncide avec la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte anti-drogue.
Bernard Leroy, conseiller juridique régional dans la lutte contre la drogue et le crime auprès des Nations unies, souligne l’engagement ferme du Maroc à combattre le fléau de la drogue à travers les différents chantiers qui visent essentiellement le développement économique et social et le désenclavement de la région du Nord. Au niveau législatif, le Maroc est en phase avec les recommandations internationales de contrôle des drogues. Il a en effet signé et ratifié les principales conventions internationales relatives aux stupéfiants et aux substances psychotropes. " La loi contre le blanchiment d’argent témoigne de la volonté du Maroc de combattre le fléau ", indique Bernard Leroy.
En 2005, les efforts intenses pour lutter contre le trafic de drogue ont fait de Larache un bel exemple d’éradication totale du cannabis. En 2006, c’était au tour de la province de Taounate de se débarrasser de ce fléau. La stratégie du Maroc repose sur une approche globale combinant la prévention, le développement socioéconomique et la recherche d’activités alternatives pour les populations locales vivant essentiellement de cette culture illicite. D’importantes sources de différentes natures ont été mobilisées pour arriver aux objectifs escomptés. " Le Maroc à lui seul est dans l’impossibilité de supporter le coût de cette lutte impitoyable contre le fléau de la drogue. Seule une coopération internationale entre pays producteurs, pays de transit et pays consommateurs peut peser sur l’offre et la demande et prévenir ainsi l’avancée fulgurante de ce fléau ", explique Abdelaziz Agoumi.
La faiblesse de la coopération internationale entrave les efforts entrepris par le Maroc en raison de l’implication des réseaux internationaux de trafic de drogues. Dans le cadre du principe de la responsabilité partagée, le soutien international s’impose pour la maîtrise de l’offre. L’ONUDC s’engage à accompagner les efforts du Maroc pour l’aider dans la lutte antidrogue, notamment auprès des donateurs internationaux pour la mise en œuvre de sa stratégie nationale. Un programme de coopération à court terme a été arrêté. Il doit aboutir à un programme de long terme touchant la prévention, l’expertise, la formation...
53.000 tonnes en 2005 Les superficies cultivées en cannabis ont diminué, passant de 134.000 ha en 2003 à 120.500 ha en 2004, soit une réduction de 10 %. En 2005, la réduction s’élevait à 40 %. La production potentielle de cannabis brut est estimée à 53.000 tonnes en 2005, soit une réduction de 46 % par rapport à la production en 2004 qui était de l’ordre de 98.000 tonnes.
Jihane Gattioui | LE MATIN











