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Nouveaux aspects sociopolitiques de la consommation de chanvre et de drogues.

L’occident a connu le siècle des lumières, mais ses effets ne semblent pas avoir pénétrés le débat atour de la consommation des substances psychoactives, "les drogues". C’est ainsi qu’il est rare de trouver des auteurs qui s’expriment d’une façon indépendante sur la consommation de drogues.

Dans la littérature de référence, ce sont toujours les mêmes auteurs qui citent les mêmes arguments et les mêmes données, qu’ils soient du côté des prohibitionnistes ou du côté des anti-prohibitionnistes. Si les adversaires (en général les gouvernements) prônent que la "drogue est mauvaise", l’autre côté argumente que "la prohibition est pire" et on s’engage dans un débat inefficace pour tout le monde.

Jacob Sullum, éditeur du journal états-unien "Reason" propose, dans son nouveau livre "Saying Yes : In Defense of Drug Use", une vue différente sur le "problème" de la consommation de drogues et s’attaque à des mythologies souvent évoqués, mais pas vraiment contestées.

C’est ainsi que le mythe de la drogue ayant le pouvoir de quasiment "kidnapper" une personne et d’en faire un zombie toxicomane irresponsable, est élucidé comme une espèce de Vodoo pharmacologique qui suscite des angoisses profondes chez les parents, les professeurs d’école et les politiciens - en conséquence, des émotions prennent le dessus et les proportions réelles du problème ne sont plus perçues.

Les médias nous proposent souvent des histoires sur les grands problèmes des fumeurs de chanvre - ou même des histoires d’empoisonnement mortel dû au cannabis. En général, ce genre d’histoires est évoqué lors de décisions politiques sur le sujet du chanvre, ce qui rend évident leur fonction demagogique.

En réalité, la plupart des consommateurs de drogues mènent une vie normale comme tout le monde. Ce n’est qu’un petit pourcentage des consommateurs qui devient vraiment dépendant. Même les drogues les plus mal vues comme l’héroïne et le crack ne sont de loin pas aussi dangereux comme on veut nous le faire croire.

Pourquoi le Cannabis est-il considéré comme drogue "douce" et moins appréhendé que l’héroïne et le crack ? Si les 30% 1) de la population ont déjà consommé du cannabis, il est quand-même difficile de maintenir le mythe du toxico au cannabis gravement dépendant. Il est plus facile de diffuser ce stéréotype pour les drogues "dures", étant donné que leur consommation est bien moins fréquente.

Un autre aspect intéressant du débat autour de la drogue est que même des consommateurs sans préjugés ont de la peine à avouer qu’ils s’adonnent à la drogue sans raisons spécifiques. Apparemment, la consommation de drogues pour le pur plaisir est difficile à admettre. On se sent obligé d’invoquer des raisons médicales ou même spirituelles. Cette recherche d’excuses démontre que la consommation de drogues demeure un pêché pour beaucoup d’entre nous. Pourtant, il n’y a sur cette planète qu’un seul peuple qui ne connût pas l’utilisation traditionnelle de drogues psychoactives : ce sont les eskimos, avant d’avoir fait connaissance avec l’alcool, la "drogue de l’homme blanc".

Jacob Sullum pense que la différence qu’on fait entre les drogues "bonnes" et "mauvaises", c’est-à-dire illégales est le résultat d’un endoctrinement par l’establishment médico-pharmaceutique. Ce dernier ne peut pas tolérer la consommation de drogues sans indications thérapeutiques, car l’idée est qu’une drogue doit combler un déficit médical. C’est pour cela que la consommation de cannabis à des buts thérapeutiques est bien mieux tolérée que sa consommation pour le plaisir ou à des buts d’altération de la conscience. Des raisons thérapeutiques peuvent rendre une drogue acceptable ou même obligatoire, par exemple dans le cas de l’administration de Ritaline, qui est une amphétamine, donc du "speed". Elle est souvent prescrite en cas d’Hyperactivité chez des enfants en âge de scolarité ou même plus jeunes.

Une drogue légitime doit donc répondre à une indication (médicale). Il y a pourtant d’autres raisons pour consommer une drogue. Est-il si difficile de reconnaître que sa consommation peut servir tout simplement à devenir plus réceptif, plus sensible, à passer un bon moment ou à faire une expérience spirituelle ? Est-ce là non des raisons légitimes ? A quoi sert cette hiérarchisation dans les raisons de consommer une drogue ?

Il est hors doute que des besoins et des fonctions humains naturels sont l’objet d’une médicalisation accroissant, dont profite surtout l’industrie médicale et pharmaceutique. L’auto-responsabilité des citoyens est bafouée et déléguée à des institutions ("des experts") qui leur disent quelle drogue est "légitime" et laquelle ne l’est pas.

Sources :
- Jacob Sullum : Saying Yes : In Defense of Drug Use
- www.counterpunch.org
- G. Amendt : No Drugs, No Future, Europa Verlag 2003

1) selon les dernières statistiques états-uniennes (Suisse : 25% à 30%)

Article modifié le jeudi 26 février 2004 13:54, Date de parution mercredi 25 février 2004 14:03

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