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Potentiel de dépendance du cannabis et d’autres substances (ISPA)

Après l’héroïne et la cocaïne, l’alcool et la nicotine
Des experts évaluent le potentiel de dépendance de différentes "drogues"

Quelle drogue cause les symptômes de sevrage les plus forts ? Quelle substance présente le plus grand risque qu’il y ait perte de contrôle en cas d’utilisation fréquente ? La tendance à augmenter la consommation ou l’incapacité à s’abstenir est-elle plus prononcée dans la consommation de nicotine ou dans celle du cannabis ? Quelle substance a le plus grand effet psychoactif ?
Ces questions sur le potentiel de dépendance ont été soumises par l’Institut Suisse de Prévention contre l’Alcoolisme et d’autres toxicomanies (ISPA) à des Médecins et Pharmacologues Suisses, experts en matière de toxicomanies. Quinze professeurs d’université ont participé à ce jeu pourtant sérieux et se sont prononcés sur les "drogues dures" classiques, telles que la héroïne et la cocaïne, et les "drogues" considérées souvent comme "douces" telles que le cannabis et l’ecstasy, de même que sur les "drogues quotidiennes" alcool, nicotine et caféine.

Il s’avère que c’est l’héroïne qui a le plus fort potentiel de dépendance. L’alcool et la nicotine ont un potentiel plus fort que les drogues "douces".

Les substances ont été classées selon un système de points attribués à 5 critères d’évaluation du potentiel de dépendance : les symptômes de sevrage, le renforcement de la consommation, l’augmentation de la tolérance, le besoin de répéter la consommation, les symptômes de dépendance et l’effet psychoactif.

Le potentiel de dépendance selon les experts :
Substance
Evalutation
d’ensemble
Symptômes
de sevrage
Renforcement
Augmentation
de la tolérance
Dépendance
Effet
psychoactif
Caféine
Héroïne
Ecstasy
Alcool
Nicotine
Cannabis
Cocaïne
7
1
5
3
4
6
2
7
1
5
2
4
6
3
7
1
5
4
3
6
2
6
1
5
2
4
7
3
7
1
5
4
2
6
3
7
2
4
3
6
5
1
1 : potentiel le plus élevé ; 7 : potentiel le plus faible

Définition des critères :
- Symptômes de sevrage : présence et niveau de symptômes caractéristiques en cas d’abstinence.
- Renforcement : propriété de la substance qui fait que le consommateur ressent un besoin physique ou psychique de répéter la consommation.
- Augmentation de la tolérance : nécessité d’augmenter la consommation pour atteindre les effets désirés.
- Dépendance : perte du contrôle sur la consommation de la substance. Incapacité à l’abstinence, consommation même si effets négatifs.
- Effet psychoactif : ce dernier n’est pas directement lié au potentiel de dépendance, mais il peut fournir les bases pour l’évaluation des éventuelles conséquences de la consommation.

L’exploitation des données a permis la classification des sept substances concernées dans le tableau ci-dessus. Les experts considèrent l’héroïne, la cocaïne et l’alcool comme les substances créant les plus fortes dépendances. Parmi les substances créant une dépendance moyenne, on a classé la nicotine, suivie par les "drogues douces" comme l’ecstasy, le cannabis et le café qui a été classé en dernier. A l’exception de la classification de l’ecstasy, il n’y avait pas de différences dans l’évaluation parmi les experts de Suisse romande ou de Suisse allemande. Les experts romands ont classé l’ecstasy avant le cannabis. Par contre, les experts suisses ont classé le potentiel de la nicotine comme bien moins fort que les experts américains, dans une étude similaire plus ancienne [1].

Sources : Hermann FAHRENKRUG Dr. phil., sociologue, wiss. Adjunkt der Direktion, Gerhard Gmel, Dr. phil., psychologue, Projektleiter, ISPA

Notes

[1] En ce qui concerne la signification de ce genre d’études, il faut tenir compte du fait que des évaluations ne sont pas toujours basées sur des données d’expériences concrètes ou cliniques. Dans l’étude similaire faite par des experts américains, la nicotine, dont la prohibition est bien plus poussée aux Etats-Unis qu’en Europe, a été classée comme très forte. Il est clair que des considérations politiques peuvent beaucoup influencer ce genre de classification. Cela au point où, par exemple, des données qui prouvent l’inoffensivité de la fumée passive (Enstrom, www.theage.com.au) sont supprimées, car l’intérêt politique des associations de non-fumeurs est que la fumée passive soit nocive : cela permettrait des procès de dédommagement et des représailles envers quasiment tous les fumeurs ou ceux qui ont à faire avec du tabac. En ce qui concerne la lutte contre le tabac et la fumée passive, on serait "arrivé au point, où la vérité n’intéresse plus personne", selon le professeur Enstrom (British Medical Journal, 16 mai 2003).

Article modifié le dimanche 12 juin 2005 17:27, Date de parution mardi 3 août 2004 13:22

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