Agrandir la taille le texteTaille normale du texteDiminuer la taille du texte

« Pour me soigner, je bois de la tisane au cannabis »

« Atteint par la sclérose en plaques depuis trente-trois ans, je souffre de crampes dans les jambes. Pour atténuer ces spasmes, je prends du cannabis. Surtout le soir, pour réussir à dormir. »

A Bienne, où il réside, Daniel Schwab, journaliste à la Radio suisse romande, parle très ouvertement de l’usage thérapeutique qu’il fait du chanvre. « Sur ce sujet, j’ai toujours pratiqué l’aveu intégral. Je n’ai jamais eu de problème avec l’autorité ou la police. » Et l’interdit qui plane toujours sur ce qui aux yeux de beaucoup est encore « l’herbe du diable » ? Il l’a évacué de son esprit : « Aux Chambres fédérales (voir encadré), on étudie bon train la consommation de cannabis à titre médical. »

Le haschich, il a commencé à en absorber à la Clinique bernoise Montana, en Valais. « Le médecin-chef du service de neurologie, le Dr Claude Vaney, a analysé l’efficacité du chanvre sur les malades atteints comme moi de sclérose en plaques. A l’issue de ses recherches, il a constaté que le soulagement induit par cette substance n’est pas objectivement mesurable. Reste toutefois qu’elle exerce sur le patient un effet subjectif positif. Fort de cette étude, le Dr Vaney m’en a proposé sous forme de tisane. J’ai essayé. J’ai trouvé que ça m’était utile. Il m’a donc suggéré de continuer à me préparer des décoctions à la maison. » Condition sine qua non : « Il faut verser du lait entier dans la tisane, car le THC, la partie active du chanvre, ne devient efficace qu’en se mélangeant à de la matière grasse. »

Claude Vaney précise immédiatement au sujet du breuvage bu quotidiennement par Daniel Schwab qu’« il ne s’agit pas d’une prescription. Ce serait illégal et punissable. J’indique uniquement aux personnes comment préparer leur tisane ».

Lorsqu’on cherche à savoir plus précisément qui fournit cette tisane, le mystère demeure. Normal, vu l’état actuel du dispositif légal en matière de stupéfiants ! « Si le « H » dont on se fournit est produit illégalement et vendu dans une boutique tenue illicitement, il y a totale irrégularité », commente Pierre Cornu, le procureur général du canton de Neuchâtel.

« Des firmes pharmaceutiques étrangères produisent déjà des remèdes à base de dérivé de chanvre », spécifie Claude Vaney. « Mais ces produits, tel le Sativex, ne peuvent pas être obtenus sous nos latitudes. Du moins pas encore (voir encadré) ! Si, aujourd’hui en Suisse, un médecin veut prescrire un médicament du genre, il doit écrire une lettre à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Expliquer en quoi c’est la seule et meilleure solution pour le patient. Si la réponse de l’OFSP est positive, survient ensuite un autre problème. Le seul médicament qui peut être prescrit ainsi s’appelle le Marinol, composé de THC synthétique. Mais son prix est élevé. Il coûte 60 francs par jour et l’assurance ne le prend pas en charge. Donc, en attendant que la prescription médicale devienne abordable, les gens qui ont mal se retrouvent contraints à s’en procurer, pour l’instant, au marché noir. »

C’est le cas d’Eric, jeune homme tétraplégique domicilié à Neuchâtel, qui confie s’approvisionner en toute clandestinité. En ce qui le concerne, le « H », il le fume. Deux à trois fois par semaine, le soir. « Au marché noir, les gens risquent de se faire refourguer du cannabis de mauvaise qualité, dont la teneur en THC n’est pas bonne », commente Claude Vaney. « En Hollande par exemple, où depuis le 1er septembre 2003 le cannabis est un médicament presque ordinaire, celui qui se procure du chanvre en pharmacie connaît son dosage exact en THC. »

La révision partielle de la loi sur les stupéfiants sera encore débattue le 5 mars au Conseil national. Elle ne remet pas en cause l’utilisation médicale du cannabis. Alors le cannabis sur ordonnance, c’est pour bientôt ? Contrairement à toute attente, Claude Vaney ne s’en réjouit que moyennement. « Je suis d’avance déçu. Malheureusement, les médicaments distribués en Suisse ne seront constitués que de THC synthétique. On n’envisage en effet pas de commercialiser des remèdes à base de dérivé de chanvre. Ce qui, selon moi, est regrettable. Car créer du THC artificiel revient bien plus cher que de travailler avec la plante originelle ! » /SFR sylvia freda

Médecins convoqués au tribunal

Il y a quelques années, plusieurs médecins neuchâtelois avaient été impliqués dans un procès pour avoir prescrit du cannabis. « Le Tribunal de police du district les a acquittés pour plusieurs motifs. Parmi lesquels l’état de nécessité dans lequel se trouvaient leurs patients », commente Pierre Cornu, procureur général du canton de Neuchâtel. « J’ai fait recours. Mes arguments ont été pris en considération par la Cour de cassation, à l’exception de l’état de nécessité, reconnu par l’article 17 du Code pénal suisse. »

« En des termes simples, je dirai que celui-ci spécifie que l’on peut exceptionnellement commettre des actes illégaux, si c’est pour préserver un individu du danger », commente Claude-François Robert, le médecin cantonal. Que conseillerait-il personnellement à un collègue médecin qui aurait envie de prescrire du cannabis à un patient, en l’état actuel des lois ? « Je lui suggérerais de demander l’avis des autorités sanitaires, pour que le cas soit résolu en respectant la norme juridique, l’intérêt public et le bénéfice pour la santé. » /sfr

Un dérivé bientôt sur ordonnance ?

La loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) date de 1951. La refonte jugée nécessaire par Ruth Dreifuss dans les années 1990 a toutefois capoté en 2004 devant le Parlement. Il s’agissait d’inscrire dans la loi la « politique des quatre piliers » qui était déjà menée dans les faits : répression, prévention, thérapies, aide à la survie (avec prescription médicale d’héroïne). Ce dernier point n’était guère controversé. Tout comme, croyait-on, la dépénalisation de la consommation de cannabis. Mais cet élément a entraîné l’échec du projet : la perception qu’avaient les députés des dangers liés au « H » avait totalement changé. Aujourd’hui, le Parlement doit avaliser une version allégée de cette révision (sans la dépénalisation).

Cette révision donnera lieu à un débat au National le 5 mars ; elle ne remet pas en cause l’utilisation, à des fins médicales ou de recherche, de substances interdites, qu’il s’agisse de cannabis ou d’héroïne. La mise en application de la LStup, partiellement révisée, est prévue au plus tard pour fin 2009. L’entrée en vigueur dépendra d’une part de l’éventualité d’un vote référendaire et d’autre part de l’état d’avancement des travaux de modification nécessaires concernant les ordonnances y relatives.

Une fois ces étapes franchies, les médecins continueront à ne pouvoir prescrire du cannabis thérapeutique qu’après avoir sollicité une autorisation exceptionnelle auprès de l’OFSP. Mais il se pourrait aussi qu’un protocole spécifique soit lancé pour qu’un médicament comme le Sativex, un spray oral à base de dérivé de cannabis, soit reconnu par Swissmedics. Dans ce dernier cas, le cannabis sur ordonnance rentrerait dans les mœurs, mais non sans que soit effectué un contrôle très strict de chaque prescription. /fnu-sfr

En Valais, le docteur Claude Vaney est un pro des effets du chanvre Dans le cadre d’une étude sur les effets du cannabis, Claude Vaney a pu montrer qu’avec des capsules de médicaments à base de dérivé de chanvre, les patients atteints de sclérose en plaques dormaient mieux. Reste qu’en Suisse la législation interdit ces médicaments. /réd

Le « H » prescrit dans plusieurs Etats, notamment anglo-saxons

Dans certains Etats américains, au Canada, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, on peut déjà se faire prescrire des médicaments à base de dérivé de chanvre ou à base de THC (partie active du cannabis) de synthèse.

L’Express de Neuchâtel, 28.2.2008

Date de parution mercredi 5 mars 2008 18:54

Forum de l'article

« Pour me soigner, je bois de la tisane au cannabis »
Bonjour, je m’appelle Sophie et je vous écrit car ma mère est atteinte de sclèrose en plaques et ainsi elle a des douleurs insupportables au niveau de la tête et des genoux. J’aimerai savoir si la tisane de cannabis pourrait atténuer ses douleurs.

Répondre à ce message
3 novembre 2008 par sophie
  « Pour me soigner, je bois de la tisane au cannabis »
 
Merci pour votre site, il est temps que l’on cesse de diaboliser le cannabis, je rends grâce à Dieu de l’avoir donné aux hommes pour leur ouvrir l’esprit et leur faire du bien à plus d’un titre, et qu’ils le prennent avec action de grâce et reconnaissance. Continuez, même si le combat n’est pas encore gagné avant que l’obscurantisme et les ténèbres aient cédé la place à la lumière, la connaissance et l’amour. Longtemps des gens ont cru que la terre était plate, alors sûrement un jour aussi, la connaissance augmentera et les écailles des yeux tomberont ! Je suis atteint d’une hépatite C, et je trouve un réconfort dans les tisanes, mais je ne suis pas sûr de m’y prendre bien, aussi je vous serai reconnaissant de m’envoyer la recette du Dr Vannay. Merci d’avance, amitiés à vous,

Répondre à ce message
  29 11 2008 par Bernie K.
 
j'ai eu un anévrisme cérébral et le cannabis me fait du bien
bonjour Monsieur
le cannabis me fait du bien car j’ai eu un anévrisme cérébral à 32 ans et j’en ai besoin pour continuer à vivre car il m’aide a voir les choses plus simplement ;
pouvez vous me dire ce que vous en pensez.je vous remercie meilleures salutations.
marie

Répondre à ce message
29 mars 2008 par marie

http://www.cannabis-helvetica.ch
http://www.swisshempshop.com