Prévention dans les écoles secondaires vaudoises
La direction de l’enfance, de la jeunesse et de l’éducation (DEJE) a décidé de lutter encore plus fort contre la consommation de cannabis chez les jeunes.
Le « DEJE » d’Oscar Tosato tient à se battre face à la banalisation de la consommation de cannabis chez les jeunes. Selon les chiffres rendus public par la Ville, 32% des filles et 40% des garçons de 15 à 24 ans disent en avoir déjà consommé plusieurs fois. En collaboration avec les sept établissements scolaires secondaires lausannois, le « DEJE » souhaite mettre en place un programme, avec l’aide d’organismes de prévention. Pour Jean-Marc Granger, responsable de la brigade de la jeunesse à la police judiciaire de Lausanne, c’est une bonne nouvelle...
Lausanne-Cités : Actuellement, quels sont les activités de la police dans le cadre de la prévention scolaire ?
Jean-Marc Granger : Nous avons une structure composée de quatorze personnes, inspectrices et inspecteurs et nous sommes intégrés à la police judiciaire de Lausanne. Nous travaillons principalement avec la problématique liée à la délinquance juvénile sur les deux volets que sont la répression et le préventif. Nous faisons de la prévention dans la rue, dans les établissements scolaires et dans les établissements publics lors de soirées ou de manifestations. Pour la prévention scolaire, nous visitons chaque année entre cent trente et cent quarante classes lausannoises.
Lausanne-Cités:Peut-on définir un pourcentage d’activité entre la répression et la prévention, ou est-ce lié à l’actualité ?
Jean-Marc Granger:Les inspecteurs sont extrêmement flexibles. Dès le moment où les évènements nécessitent plus de prévention que de répression, on les fait sortir pour endiguer la problématique. Inversement, si des problèmes surviennent et qu’il faut gérer avec leurs auteurs, on est dans le domaine de la répression. Il se peut très bien que mes treize collaborateurs soient le matin en train d’enregistrer des auditions et d’aller l’après-midi dans les quartiers, les écoles ou les associations.
Lausanne-Cités:Est-ce positif que le DEJE renforce encore son action ?
Jean-Marc Granger:Oui, d’autant qu’il est exactement dans la bonne cible. Dans le milieu « ado », on s’aperçoit que les drogues dures telles que l’héroïne ou la cocaïne, ou encore les drogues de synthèse, sont beaucoup moins consommées qu’il y a dix douze ans. Cette année, nous n’avons eu qu’un ou deux mineurs interpellés avec des drogues dures en milieu scolaire et ces drogues ont tendance à disparaître. Cela vient du fait que, dans ce domaine, la prévention a été acharnée et que les problèmes liés au sida ont beaucoup choqué les plus jeunes qui se sont éloignés de ces produits. Par contre, les jeunes ont compensé ça avec le cannabis dont la teneur en THC a augmenté (ndlr : un peu à l’image d’une bière qui serait devenue un whisky). Vulgairement, ces jeunes se pètent suffisamment la figure pour ne pas aller plus loin. Donc, contrairement à croyance populaire, on ne va vers le pire...
Dans ce domaine là, c’est vrai. Disons que c’est seulement moindre mal, car consommer du cannabis n’est certainement très bon ! Par contre, s’il fallait imaginer choisir entre un consommateur de cannabis et un de drogues de dures, je préfère m’occuper du premier... Les problèmes sont plus facilement maîtrisables.
La question qui tue...
Jean-Marc Granger est responsable de la brigade de la jeunesse... à la police judiciaire. Un policier est-il vraiment compétent pour des actions de prévention ? N’est-ce pas plutôt le rôle d’intervenants « médico-socio-éducatif » ? : Nous sommes complémentaires et chacun peut amener ses compétences en rapport à ses expériences. Les gens du « médico-social » peuvent faire valoir un point de vue plus technique tandis que nous amenons une réponse de terrain. Nous pouvons parler de cas concrets de jeunes consommateurs de drogues qui ont des problèmes de comportement vis-à-vis de l’école, de leur vie professionnelle ou familiale et c’est vraiment un autre éclairage de la prévention. Ces différentes démarches ne sont pas du tout opposées... Cela ne nous a jamais posé de soucis et nous n’avons jamais été en doublette avec d’autres structures. Chacun a un langage qui lui est propre le plus important est de le diffuser au maximum. » C. B.
Claude Baumgartner (Lausanne-Cités, 27.10.05)










