Rapport du 27.01.07 de l’Association Européenne du Chanvre Industriel
La récente proposition pour une « organisation commune des marchés agricoles et sur les dispositions budgétaires spécifiques pour certains produits agricoles » peut mettre en danger la jeune industrie européenne du chanvre
Nous présentons de bonnes solutions de rechange pour parler de cette situation potentiellement dangereuse. Dans la récente proposition pour une « organisation commune des marchés agricoles et sur les dispositions spécifiques pour certains produits agricoles », il est écrit que les producteurs de fibres longues de lin devraient recevoir une aide de traitement accrue de 200 €/tonne et que les producteurs de fibres courtes ne devraient pas plus longtemps toucher d’aide de traitement du tout.
Compétition inéquitable entre le chanvre et le lin
Premièrement, cela mènera à une concurrence déloyale entre l’industrie du lin, qui produit principalement des fibres longues à valeur élevée pour l’export en Chine et des fibres courtes comme produit dérivé de faible valeur, et la jeune industrie du chanvre, qui produit uniquement des fibres courtes techniques. (voir tableau)
Compétition avec les fibres exotiques
Deuxièmement et de manière plus importante, cela peut réellement mettre en danger l’industrie européenne du chanvre. C’est parce que beaucoup des applications techniques finales des fibres courtes de chanvre sont en compétition avec des fibres exotiques tropicales comme le jute ou le sisal. Sur les années récentes, les fibres de chanvre produites dans l’UE ont été au même niveau de prix que le jute, le kénaf ou le sisal importé. : 0,50-0,60 €/kg pour les fibres non tissées et composites, selon la qualité et la quantité.
Sans l’aide à la production
Sans les 0,09 €/kg de l’aide, la fibre de chanvre UE sera plus chère que le jute, le kénaf et le sisal importé et le chanvre va significativement perdre sa part de marché. En plus, la fibre courte de lin sera moins chère, parce que le producteur peut croiser les rentrées pour sa fibre courte de lin avec le bénéfice de sa fibre longue de lin vendue à la Chine et l’accroissement de l’aide à la production.
Le chanvre : une chaîne complète de valeur ajoutée dans l’UE
Considérant que l’industrie européenne du lin est extrêmement dépendante de ces exportations en Chine, l’industrie du chanvre est un cycle économique fermé. Le chanvre pousse et est traité en UE et les autres transformations sont aussi en UE : La fibre de chanvre est transformée en papier spécial, matériel d’isolation et plastiques et composites renforcés en fibres naturelles. Seul les produits finis comme le papier spécial ou les (panneaux de portes dans les) voitures sont exportés. La totalité de la valeur ajoutée se fait en Europe et en fait plusieurs étapes sont conduites dans un contexte régional. L’OMC et la FAO ont réalisé cette situation et leur critique sur l’aide aux fibres naturelles dans l’UE est uniquement focalisée sur le soutien à la fibre de lin exportée en Chine ou dans d’autres pays hors UE.
En plus de la fibre de chanvre, la chènevotte (noyau boisé du chanvre) est entièrement transformée dans l’UE pour la litière d’animaux, les panneaux à particules et le matériel de construction - Encore un circuit économique fermé gardé dans l’UE. Le chanvre pour la construction peut offrir à l’industrie du bâtiment une réduction drastique des émissions de carbone en comparaison avec les matériaux conventionnels.
Accroissement de la demande pour les fibres courtes techniques
De manière primordiale à notre avis, la demande pour des fibres courtes techniques provenant de plantes à fibres pour des applications comme les composites (en remplacement des plastiques, des fibres synthétiques ou de verre) ou l’isolation (en remplacement des fibres minérales ou de verre) est en accroissement dans l’UE et en fait dans le monde. Les fibres de chanvre s’ajustent très bien à la demande technique des ces industries et les prix sont - avec l’aide au traitement - compétitifs avec les fibres de jute, kénaf ou sisal. Après les 5 à 10 prochaines années d’augmentation des prix des fibres exotiques, les fibres de chanvre traitées en UE peuvent devenir de plus en plus compétitives. Donc, après 5 à 10 ans, l’aide au traitement ne devrait plus être aussi importante qu’elle ne le soit aujourd’hui en raison de l’accroissement de la part de marché et de la capacité d’augmenter les prix.
Chanvre et environnement
Nous pouvons aussi accentuer sur les autres bonnes propriétés de la culture du chanvre en respect de l’environnement. Le chanvre n’a pas besoin de pesticides et d’herbicides, en fait aucun agrochimique de quelque sorte n’est utilisé sur cette culture. Le chanvre laisse aussi le sol en excellente condition pour la culture suivante. Des fermiers ont rapporté leurs meilleures récoltes de céréales avec du chanvre dans la rotation.
Les prochaines années
Pour rester en vie après cette période, les industries du chanvre ont besoin du maintien de l’aide existante de 90€/t et d’une compétition plus équilibrée avec le lin. Si nous ne pouvons pas la réaliser, nous craignons que l’industrie UE des fibres naturelles soit, dans les prochaines années, juste une industrie d’exportation de matière première vers la Chine. Le traitement brut se fera uniquement en France, Belgique et Pays-Bas. Nous devons préciser qu’il existe un énorme potentiel pour les nouvelles applications techniques de la fibre courte ! L’industrie du chanvre est encore une très jeune et petite industrie, cherchant sa place en compétition avec les business établis du lin, du jute et du sisal.
L’aide unique peut être la solution
Nous sommes entièrement derrière et nous sommes d’accord avec l’analyse de Ernst & Young concernant l’état de l’industrie du chanvre et du lin dans l’UE (« Evaluation de l’organisation commune du marché pour le lin et le chanvre, Paris, Sept 05). C’était un rapport récent commissionné par Bruxelles. Nous supportons aussi la proposition développée par E & Y : une seule aide pour toutes les fibres naturelles traitées dans l’UE - la même aide pour les fibres courtes et longues de lin et de chanvre. A notre opinion, cela devrait conduire à une compétition équilibrée entre le chanvre et le lin et aussi chaque industrie peut vivre avec cette aide, si le niveau de cette aide unique n’est pas trop bas. ( L’industrie du lin recevra alors une aide unique pour sa fibre courte et longue)
Veuillez reconnaître le potentiel de la jeune industrie du chanvre pour une économie durable et le développement rural en modifiant juste votre récente proposition sans augmenter le montant du budget de l’aide.
John Hobson, Hemcore Ltd. (Royaume-Uni) et président de l’EIHA
Cesare Tofani, Ex directeur manageur de Fibranova (Italie) et premier secrétaire de EIHA
Bernd Franck, Badische Naturfaseraufbereitung GmbH (Allemagne) et deuxième secrétaire de EIHA
Michael Carus, Nova-Institut GmbH (Allemagne) et manager directeur de EIHA
Le rapport est aussi soutenu par les suivants :
Sociétés et associations
CELESA (Espagne), membre de l’EIHA
Deutscher Naturfaserverband (DNV) (Allemagne), membre de l’EIHA
Fibranova (Italie), membre de l’EIHA
GreenGran B. V. (Pays-Bas), membre de l’EIHA
HempFlax Netherlands B. V. (Pays-Bas), membre de l’EIHA
HempFlax Duitsland GmbH (Allemagne), membre de l’EIHA
Hempro International e K (Allemagne), membre de l’EIHA
NAFGO GmbH (Allemagne), membre de l’EIHA
PerfectPlant (Estonie)
Valbiom, University Gembloux (Belgique)
Individus
Boris Banas (Slovaquie), “Why not hemp ?”/SEZ, membre de l’EIHA
François Desanlis, Chanvrier (France), membre de l’EIHA
Marcel Toonen, Horticulteur (Pays-Bas), membre de l’EIHA














