"Rapport sur la sécurité intérieure de la Suisse 2004"
Le risque que des substances soient proposées à de jeunes consommateurs par des dealers vendant d’autres drogues est réel.
Extraits : Stupéfiants
Le trafic et la consommation d’héroïne demeurent un problème important en dépit du recul de cette substance sur le marché suisse de la drogue. La cocaïne, quant à elle, n’a rien perdu de son attrait. Les groupes de trafiquants dominicains se sont établis sur le marché de la cocaïne. Aussi actifs notamment aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, ils ont la particularité d’écouler surtout de grosses quantités de drogue. La fermeture des magasins de chanvre a poussé les acteurs du trafic des produits cannabiques à travailler en cachette et le « tourisme » du chanvre a chuté en Suisse.
Changements sur le marché de la drogue
Le marché suisse de la cocaïne continue son expansion. Parallèlement au groupe des polytoxicomanes, socialement marginalisés, on trouve également parmi les consommateurs de cocaïne des adolescents et des jeunes adultes bien intégrés qui consomment cette drogue surtout en fin de semaine et qui la combinent avec d’autres substances. Les trafiquants de cocaïne sont des personnes de diverses nationalités. Des ressources importantes sont mobilisées par la police afin de lutter contre les trafiquants de rue de cocaïne africains. Le marché de l’héroïne est aux mains des groupes de souche albanaise, lesquels ont toutefois abandonné le trafic de rue aux toxicomanes. On constate qu’après la multiplication du nombre de magasins de chanvre dans les années 90, le marché des produits dérivés du cannabis retrouve un caractère clandestin plus marqué.
Procédure plus stricte à l’encontre des producteurs et des vendeurs de chanvre
La consommation de cannabis est largement répandue chez les jeunes. Elle se stabilise à un niveau élevé. Même si l’enquête « Santé et styles de vie des adolescents âgés de 16 à 20 ans en Suisse (2002) SMASH 2002 » a mis en évidence le fait que la plupart des jeunes ne sont que des consommateurs occasionnels, il convient néanmoins de remarquer que 13 % des garçons et 4 % des filles fument quotidiennement du cannabis. En 2004, le durcissement de la poursuite pénale des producteurs et des vendeurs de cannabis qui se fait sentir depuis trois ou quatre ans a persisté. La production et le trafic se déroulent à nouveau davantage dans la clandestinité. En mai, une dizaine de sites de production ont été découverts dans le Val-de-Travers (Neuchâtel). La culture et la vente de produits dérivés du cannabis constituent un marché lucratif et attirent des organisations criminelles.
Cannabis
Le trafic de cannabis est en mutation : les grands sites de production sont supplantés par les petits et les importations sont susceptibles d’augmenter de la même manière que le trafic de rue. Le risque que ces substances soient proposées à de jeunes consommateurs par des dealers vendant d’autres drogues est réel. Les trafiquants de cocaïne africains semblent susceptibles de reprendre le trafic de rue du cannabis.
Polytoxicomanie
Au vu de la gravité des conséquences de la polytoxicomanie à long terme, la consommation simultanée de plusieurs substances telles que la cocaïne, les drogues de synthèse, le cannabis et l’alcool chez les jeunes est particulièrement préoccupante. Enfin, on peut relever que plus le nombre de substances psychoactives consommées de façon régulière ou à fortes doses est grand, plus la possibilité de traiter la dépendance va en s’amenuisant.











