Suisse : A poil pour un joint à 15 ans !
Questions perverses au programme, la police Suisse se fait plaisir !
Pareile pour les dépistage à l’Ecole
Des gymnasiennes interpelées pour avoir fumé du cannabis ont dû se déshabiller et évoquer leur sexualité au poste de police. Impensable à Lausanne, selon le sergent-major Jean-Marc Granger.
19.09.2007
« Un passage en cellule et une fouille corporelle pour un joint ? C’est disproportionné », assène le chef de la brigade de la jeunesse de Lausanne, Jean-Marc Granger. C’est pourtant le sort subi à Zurich par trois mineures interpelées pour avoir fumé un joint. Conduites au poste, ces gymnasiennes de 15 ans ont dû se dévêtir entièrement devant une femme en uniforme. Leurs habits ont été fouillés, mais ce n’est pas tout... Leur interrogatoire a porté sur leur vie intime : « Entretenez-vous des relations sexuelles avec votre petit ami ? » Ce cas précis remonte à l’an dernier, mais, comme la procédure n’a pas changé, le commandant de la police municipale Philipp Hotzenköcherle entend la réexaminer : « Nous allons réajuster la check-list. »
Erreur d’aiguillage
Selon l’usage, tout suspect isolé subit une fouille corporelle pour l’empêcher de se faire du mal. Pour Philipp Hotzenköcherle, l’erreur d’aiguillage consistait à placer de simples consommateurs de cannabis en cellule : la police devait faire patienter les adolescentes dans le vestibule, en compagnie d’un agent. Et l’interrogatoire portant sur l’intimité des filles est une relique datant de la scène ouverte de la drogue : « Face à la misère humaine, ces questions sur l’environnement permettaient de récolter des connaissances pour les tâches préventives de la police », explique le commandant interpelé par le quotidien zurichois Tages-Anzeiger .
« Les fumeurs de joints sont dénoncés au juge, mais ils ne sont conduits au poste que si des mesures administratives l’exigent », rapporte le sergent-major lausannois Jean-Marc Granger. Comme à Genève, les jeunes interpelés à Lausanne sont remis à leurs parents : « Nous passons le relais à l’adulte responsable », résume le chef de la brigade de la jeunesse. Les contraventions sont établies par le tribunal ou le préfet, mais la police ne mène pas d’interrogatoire personnel : « C’est exclu ! » tranche-t-il, en écartant tout lien entre la fumette et la sexualité. « La consommation de cannabis n’entraîne pas une discussion sur les relations intimes. »
Ce qui peut conduire la brigade des mineurs à approfondir une discussion, c’est le souci de comprendre les motivations ou le mal-être d’un récidiviste. A Berne comme à Bâle, les fouilles corporelles sont pratiquées uniquement si le fumeur passe pour un trafiquant ou un voleur. Dans la capitale, le mandat d’un juge des mineurs est même nécessaire.
Source : Le Matin










